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Répertoire
Philippe Henne
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Vendredi Saint

Marie et Jean au pied de la croix : Vendredi Saint

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© Dominicains de Belgique et des Pays-Bas

Jésus tire sur ses bras pour pouvoir respirer, mais il a des crampes partout, dans ses bras et dans ses jambes. Cela fait déjà plusieurs heures qu’il tire dessus et cela lui fait mal, très mal, mais il étouffe s’il ne le fait pas. À travers ses paupières presque fermées de douleur, il voit Marie, sa mère, et Jean, son disciple bien-aimé. Ils sont là tous les deux, debout, le visage déchiré par la douleur et le chagrin. Alors Jésus n’a pas voulu les laisser seuls. Il les confie l’un à l’autre afin qu’ils continuent à vivre comme ses propres frère et soeur.

Car Marie, ce n’est pas seulement la mère de Jésus. C’est aussi la représentante de l’Église, l’Église qui souffre quand les chrétiens sont persécutés, quand les enfants sont maltraités par la guerre ou par des adultes malveillants. L’Église qui souffre aussi quand elle est déchirée par ceux qui, en voulant sauver Dieu et la foi, rejettent tous ceux qui ne pensent pas comme eux.

C’est le corps de l’Église qui est ainsi déchiré. Les chrétiens devenus des adversaires se regardent sans amour et se parlent sans charité.

Marie, elle, au pied de la croix, regarde son Fils bien-aimé. C’est vers lui qu’elle a le regard tourné, c’est vers lui qu’elle veut emmener tous ses enfants baptisés.

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© Dominicains de Belgique et des Pays-Bas

Et Jésus confia Marie, sa mère, à Jean. Jean, c’est le symbole de tous les apôtres que Jésus a choisis pour être ses porte-paroles et ses missionnaires partout dans le monde. Eux-mêmes nommeront leurs successeurs, les évêques, qui ordonneront des prêtres pour les aider dans leur tâche d’évangélisation dans le monde et d’édification dans la communauté. De même que Jean veillera sur Marie, ainsi les prêtres et les évêques instruiront le peuple de Dieu, réconforteront les malades et les blessés de la vie, accompagneront les défunts dans leurs dernières heures sur cette terre.

L’un et l’autre, Marie et Jean, sont complémentaires. C’est dans les larmes qu’ils ont reçu chacun leur mission.

C’est dans la douleur qu’ils ont compris l’immensité de l’amour de Dieu pour chacun d’entre nous. Comme un enfant naît dans les cris et les larmes, ainsi le chrétien découvre la tendresse de Dieu pour les hommes dans la souffrance de son Fils sur la croix. Car le Christ, en mourant sur la croix, ne s’est pas replié sur lui-même et sur sa douleur. Il n’a pas voulu nous laisser seuls.

Il nous a confiés les uns aux autres.

Le peuple de Dieu, comme Marie, devait veiller sur ses prêtres et ses évêques par la prière et par le dévouement quotidien. Les prêtres et les évêques devaient faire comme Jean : veiller sur Marie et le peuple de Dieu, en le protégeant contre les assauts du mal et du Malin, en lui assurant la nourriture quotidienne de l’eucharistie et des sacrements.

La douleur de Marie et de Jean au pied de la croix était comme le début d’une nouvelle vie, une vie faite d’un souci réciproque pour une meilleure édification de l’Église et une meilleure mission dans le monde.

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Vierge et Saint Jean au calvaire, collégiale Saint-Jean de Liège © Dominicains de Belgique et des Pays-Bas