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7ème dimanche de Pâques

Temps liturgique: Temps de Pâques

Jour liturgique: 7ème dimanche

Année liturgique: Année B

Prédicateur:  Philippe Cochinaux

Le premier août de cette année, cela fera juste dix ans. Un triste anniversaire plein d'espérance et pourtant difficile à oublier. Il venait de rentrer d'une longue journée où il avait rencontré pas mal de gens. Il était fatigué et heureux de rentrer à la maison. Son chauffeur parqua la voiture dans le garage. Ils étaient ensemble lorsqu'il poussa la porte d'entrée de sa maison. A ce moment, la bombe explosa et tous deux furent déchiquetés. Lui, il avait 19 ans et s'appelait Mohammed, un bon musulman ouvert et chauffeur de métier. L'autre avait 56 ans et était évêque d'Oran. Il était également frère dominicain et jusqu'à l'instant de ma propre mort, je lui serai toujours reconnaissant d'avoir eu la fraternité de m'ordonner prêtre. Je suis heureux mais surtout fier de me dire que par l'ordination presbytérale, je peux m'inscrire dans la lignée de ses fils dans la foi.

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5ème dimanche de Pâques

Temps liturgique: Temps de Pâques

Jour liturgique: 5ème dimanche

Année liturgique: Année B

Prédicateur:  Philippe Cochinaux

Il avait tout pour lui. Parfois, certains pouvaient avoir le sentiment que tout se qui passait entre ses mains devenait toujours de l'or. Lui, il n'avait pas l'impression d'être plus doué que les autres même s'il reconnaissait qu'il avait eu beaucoup de chance dans la vie. Il avait grandi dans une famille aimée et aimante. Il s'était toujours bien entendu avec ses parents. Pas de crise majeure et jamais un mot plus haut que l'autre. Lorsqu'il a quitté le nid familial pour s'envoler sur la route de sa propre destinée, cela s'était fait dans la douceur. Il réussissait très bien professionnellement, mais si pour lui l'essentiel était ailleurs : son couple, ses enfants, sa famille, ses amis. De plus, il donnait pas mal de son temps, avec son épouse d'ailleurs, dans différents projets associatifs car tous deux croyaient à l'importance de la solidarité humaine et ce, au nom de la foi en Dieu qui les habitait chacun. Il avait bien tout pour lui : le mari idéal, le père rêvé, l'ami recherché. Il était heureux et pourtant il avait un nuage sur sa vie. Il était frappé de la jalousie de certaines personnes à son égard. Il regrettait certains faux sous-entendus le concernant. Cela le peinait.

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3ème dimanche de Pâques

Temps liturgique: Temps de Pâques

Jour liturgique: 3ème dimanche

Année liturgique: Année B

Prédicateur:  Philippe Cochinaux

Elle s'en était allée sur la pointe des pieds, comme elle avait toujours vécu. Sans déranger personne. Ses funérailles furent recueillies et empreintes d'émotion et surtout d'espérance. Il faut dire que sa foi avait toujours été grande. Elle était parvenue à la transmettre à ses enfants et ses petits-enfants. Avec aisance et simplicité, elle aimait leur parler de Dieu. C'était tellement naturel pour elle qui vivait cette intimité divine de manière quotidienne et sans doute, plus encore, depuis le décès de son mari, il y a quelques années déjà. Elle l'avait rejoint en toute confiance et reposait auprès de lui dans le petit cimetière du village. Quelques jours après l'enterrement, ses enfants se retrouvent dans la salle attenante au bureau du notaire écoutant la lecture du testament. Soudain, c'était comme un tonnerre puis un éclair et voilà qu'elle se retrouve au milieu d'eux assise sur la chaise qui était restée libre. Elle les regarde et sourit comme à son habitude. Le notaire et les enfants sont pris de stupeur, effrayés, se demandant s'ils n'étaient pas tous entrés dans un même délire collectif. Puis elle leur parle : « oui, c'est bien moi, je suis juste revenue quelques instants pour vous dire que tout va bien de l'autre côté de la vie et que je vous y attends toutes et tous dorénavant ». Sur ces mots, elle repart comme elle était venue. Les autres, laissés seuls dans la pièce, restent stupéfaits. Ils ne savent plus quoi penser. Ils n'en croient pas leurs yeux et leurs oreilles. C'est impossible. Personne ne peut revenir ainsi de la vie éternelle. Ils sont bouches bées, sans voix. Ils viennent de faire l'expérience de l'indicible de la Résurrection.

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Pâques

Temps liturgique: Temps de Pâques

Jour liturgique: Pâques

Année liturgique: Année B

Prédicateur:  Philippe Cochinaux

Pour entrer dans le mystère de la Résurrection, le plus simple serait, semble-t-il, d'entrer dans la peau de certains sportifs. Il est vrai que, dans la page d'évangile que nous venons d'entendre, tout le monde court : Marie-Madeleine, Jean puis Pierre. Toutefois, ce n'est pas la course à pied qui devrait nous éclairer. Non, je crois que le sport le plus utile pour comprendre ce mystère est le ski. Dans un premier temps, ayant peur de ce que nous allons trouvé, nous pourrions utiliser la technique du chasse-neige. Nous avançons lentement. Nous ne prenons pas trop de risques. D'autre part, nous pourrions également être plus téméraires, un peu à l'instar de Pierre, c'est-à-dire mettre les skis en parallèle et foncer sans s'arrêter. Le risque d'une telle attitude est grand puisque nous risquons de ne pas être capable d'éviter l'obstacle et surtout, de ne pas voir ce qui se passe réellement. Alors, il nous reste une troisième technique, celle qui est sans doute la plus appropriée pour entrer dans un tel mystère : le retournement. Face à l'obstacle, je mets un premier ski puis l'autre perpendiculaire à la piste. Je prends un angle droit pour éviter le danger dans le sport, pour me détourner de mes certitudes afin de me laisser toucher par ce qui me dépasse.

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